Compte rendu : Géraud MAGRIN (2013). Voyage en Afrique rentière…

MAGRIN, Géraud, 2013. Voyage en Afrique rentière. Une lecture géographique des trajectoires du développement. Paris : Publications de la Sorbonne, 424 p.

Compte rendu par  Roland Pourtier, novembre 2014, Professeur émérite, Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne

Sous l’intitulé Voyage en Afrique rentière, Géraud Magrin ouvre au lecteur les pages d’un double voyage. Sur les terrains d’Afrique de l’Ouest d’abord. Il les fréquente assidûment depuis près de 20 ans, au Tchad puis au Sénégal, sans compter des incursions de plus courte durée dans d’autres pays de la région, Mauritanie et Niger notamment. Dans la tradition d’une géographie qui revendique une démarche inductive dont la valeur heuristique n’est plus à démontrer, l’auteur extrait de ses recherches au plus près du terrain une riche matière cognitive élaborée lors de séjours de longue durée, les seuls à même de lever l’opacité du réel. Sa thèse, soutenue en 2000, « Le sud du Tchad en mutation. Des champs de coton aux sirènes de l’or noir », avait magistralement brossé le tableau dynamique d’un pays s’apprêtant à entrer dans l’ère pétrolière. Elle constituait en quelque sorte les prolégomènes à cet autre voyage auquel il nous convie, un voyage enrichi de nouvelles investigations conduites essentiellement en Afrique de l’Ouest. Les questions relatives aux ressources naturelles, minières et pétrolières principalement, y occupent une place centrale. Ces expériences et réflexions cumulées ont formé la matière d’une Habilitation à diriger des recherches obtenue en 2011 dont le mémoire, « Des rentes aux territoires. Contribution pour une géographie du développement en Afrique » est à l’origine de ce livre.

Le Voyage en Afrique rentière a pris du champ par rapport aux différents terrains parcourus qu’il subsume pour accéder à une compréhension générale des processus de transformation des espaces et des sociétés ouest-africains. La rente a servi de fil conducteur. Elle est analysée non pas à la manière des économistes, mais avec un regard de géographe porté sur le développement. Un des points forts de l’ouvrage réside dans cette articulation entre rente, développement, territoire, appréhendée dans les dimensions spatiales, sociales, environnementales dont l’interaction est constitutive de la géographie. Mais l’ouvrage va au-delà : sa large ouverture disciplinaire, loin d’être un effet de mode, correspond à la nécessité d’une approche globale des manifestations transversales attachées à la complexité des systèmes rentiers. Dans cette perspective, les inclinations de l’auteur penchent vers la géopolitique et l’anthropologie politique. Ainsi en est-il des réflexions autour de l’enclave et de l’archipel et surtout des questionnements réitérés adressés à l’Etat, dans la lignée de Jean-François Bayart, jusqu’à s’interroger sur la possibilité d’un « Etat failli durable » qui pourrait être l’aboutissement de l’Etat rentier. Le Voyage, ponctué de références littéraires, se risque parfois à emprunter les voies de la philosophie, celles de Deleuze et Guattari notamment lorsqu’elles cheminent entre « le lisse et le strié », ou à proposer d’autres images, comme « l’écorce et le noyau » destinées à stimuler  la pensée.

L’objet de la recherche bénéficie de la sorte de multiples éclairages qui en précisent les contours. Dans cette optique, on aurait pu attendre quelque référence aux « pôles de croissance » chers à François Perroux, la question étant de savoir si un complexe énergétique ou minier ou, indirectement, la ville capitale qui concentre la rente, peuvent remplir cette fonction polarisante. La question n’est pas abordée de front, ou du moins pas dans les termes qui sont ceux de l’économie spatiale, même si Von Thünen est cité. Les effets de diffusion ne se limitent pas à la redistribution de la rente par des Etats qui construisent ainsi leur clientèle tout en assurant les conditions de la reproduction sociale des élites politiques. Des investigations plus approfondies sur les bourgeonnements de la rente, questionnant en particulier les modalités d’émergence d’une classe moyenne qui constitue le véritable pivot d’entraînement du progrès, auraient apporté une corde supplémentaire à un arc il est vrai déjà très riche.

Introduit par une préface de Philippe Hugon, le livre s’ouvre sur deux photographies de « damiers de la terre » (clin d’œil à Frantz Fanon) illustrant de façon contrastée les effets du « développement » au Tchad, suite à l’introduction coloniale de la culture du coton d’une part, et d’autre part à la récente mise en exploitation des ressources pétrolières par des multinationales occidentales (EXXON) et des sociétés nationales chinoises, lesquelles élargissent l’éventail des acteurs sans changer fondamentalement les rôles. D’emblée la réflexion convoque le temps long et l’échelle de la mondialisation pour comprendre les situations localisées et leur dynamique actuelle. Les économies rentières d’aujourd’hui s’inscrivent dans la continuité des relations asymétriques de la traite esclavagiste, de l’économie coloniale, d’une mondialisation qui continue à assigner à l‘Afrique tropicale une fonction de fournisseur de matières premières, les pays émergents ne sortant pas de l’épure. Après avoir montré combien les rentes sont diverses, Géraud Magrin focalise son attention sur la rente par excellence, la rente pétrolière, et consacre de nombreuses réflexions à la fameuse « malédiction des ressources ». Plusieurs études portant sur des questions pétrolières et minières réalisées en binôme avec Geert van Vliet dans le cadre de programmes de recherche du Cirad, en Mauritanie, au Mali, au Niger, au Tchad, lui ont fourni matière à questionner ce cheval de bataille de maintes ONG, mais aussi à se défier de ses excès. Par une démarche dialectique savamment dosée il construit un raisonnement mesuré laissant sa part à l’incertitude. Il puise dans des lectures abondantes quelques garde-fous contre la pensée dominante, même s’il tend à se ranger plutôt du côté des contempteurs des économies de rente.

Deux décennies de vécu africain, d’observation des changements des territoires et des sociétés ont donné à l’auteur des clés pour ne se laisser enfermer dans aucun prêt-à-penser. Son voyage illustre, sans que cela soit explicite, la fonction de guetteur, attentif à repérer ce qui contrevient à des modèles explicatifs trop simplistes. Si les systèmes rentiers entravent souvent l’énergie créatrice (ce qui rejoint la capabilité selon Amartya Sen, mais celui-ci ne figure pas au Panthéon de ses références) elle n’en est pas pour autant l’unique responsable du sous-développement de l’Afrique. N’ouvre-t-elle pas par ailleurs la voie à l’accumulation primitive, nécessaire, bien que non suffisante, au décollage économique, à l’envol de l’entreprise ? Ayant analysé les impasses auxquelles conduisent les systèmes rentiers, dans leur dimension politique notamment, Géraud Magrin explore les « bifurcations » susceptibles d’outrepasser l’extraversion héritée d’économies dominées, et d’ouvrir de nouvelles trajectoires de développement fondées sur des dynamiques endogènes. L’Afrique du Sud aurait mérité à cet égard d’être davantage convoquée comme exemple de dépassement de la rente minière. Il est vrai que sa réussite économique s’appuie sur une classe d’entrepreneurs, au sens wébérien, dont la formation est tout juste amorcée dans le reste de l’Afrique subsaharienne.

Ces bifurcations s’inscrivent dans le contexte global de croissance démographique et d’urbanisation accélérée qui constitue le changement structurel majeur de l’Afrique subsaharienne. Du début à la fin du Voyage, ce leitmotiv est omniprésent. La démographie apparaît in fine comme le plus puissant moteur des transformations économiques, sociales, politiques et environnementales. L’épaississement de l’espace, les mutations économiques et socio-culturelles inhérentes à l’accumulation urbaine, la densification des relations villes-campagnes, autant de dynamiques nouvelles des territoires en mesure d’atténuer la domination de l’économie rentière. A ces changements endogènes s’ajoute l’intrusion exogène récente des pays émergents, en premier lieu la Chine. Celle-ci rebat les cartes de la mondialisation tout en restant dans le droit fil de l’asymétrie des échanges, l’accès aux matières premières énergétiques et minières restant la cible de l’activisme chinois en Afrique.

Au terme d’un Voyage au long cours qui dévoile les horizons chamarrés de territoires complexes, les terrains parcourus laissent entrevoir une Afrique plurielle, moins exclusivement rentière qu’on pouvait le redouter – voire libérée ici ou là du carcan de la rente. « Nul ne sait quand l’Afrique arrivera » rappelle l’auteur, mais assurément elle est partie et marche, d’un pas certes inégal et souvent hésitant, sur la voie d’un dépassement de ces systèmes rentiers ancrés dans son passé et son sous-développement. Le Voyage en a analysé les manifestations et les conséquences sous toutes les coutures. Il porte témoignage de l’éclosion d’une nouvelle Afrique qui point malgré la lourde chape des héritages, sans sous-estimer pour autant les embûches du long chemin qui reste à parcourir.

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Nouvelle Publication : Le développement du lac Tchad (2014)

Situation actuelle et futurs possibles –  LEMOALLE J. (dir.) et MAGRIN G. (dir.) – Edition IRD, Collection Expertise Collegiale…

Le lac Tchad et son avenir sont au cœur des préoccupations politiques régionales et internationales. Cet espace vital, à la charnière de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale, a longtemps fasciné, depuis les géographes arabes au Moyen-Âge jusqu’aux explorateurs européens du xixe siècle. Il suscite aujourd’hui des interrogations fortes sur l’environnement, l’eau, le climat et le développement régional. Le lac Tchad va-t-il s’assécher ? Quelles seraient alors les conséquences pour les 13 millions d’hommes qui en dépendent, sur un rayon de 300 km ?

Les discours publics qui traitent de l’avenir du lac Tchad, le plus souvent alarmistes, sont dans l’ensemble sources d’une grande confusion et entretiennent une image brouillée de la situation. Une connaissance précise des réalités est pourtant nécessaire pour construire une vision partagée de cet avenir et adopter une stratégie qui permette de relever les défis du développement durable du lac.

La Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) a commandé à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) une expertise collégiale sur la préservation et le développement du lac Tchad. Cette expertise, réalisée par un collège d’experts pluridisciplinaire et paritaire Nord-Sud, recense les connaissances actuelles sur le lac et identifie les différents choix politiques susceptibles de stimuler son développement. Elle aboutit à une série de recommandations utiles aux décideurs politiques en matière de soutenabilité environnementale, de sécurité alimentaire et d’emploi.

 

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Nouvelle Publication : Contes kapsiki du Cameroun – Walter van Beek et Henry Tourneux (éd.)

KATHALA Collection : Contes et Légendes, Paris 2014

Les Kapsiki constituent l’un des grands groupes de population des monts Mandara, situé de part et d’autre de la frontière entre le Cameroun et le Nigeria.

Les contes présentés ici ont été recueillis au Cameroun. Ils se répartissent en quatre groupes. D’abord, les contes dont le héros principal est l’Écureuil. Ce petit animal est le modèle parfait du décepteur qui trompe tout le monde. Il a pour adversaires la Panthère ou l’Hyène. Il peut aussi s’opposer au Pigeon ou à la Tortue, et dans ce cas, ce n’est pas toujours lui qui l’emporte.

Le deuxième groupe de contes est construit autour d’animaux autres que l’Écureuil, mais les hommes y font quand même quelquefois leur apparition. On y trouve le Céphalophe, la Grenouille, le Crocodile, la Panthère, l’Hyène, l’Âne et le Scorpion.

Dans le troisième groupe, la Mort, la Pluie et d’autres personnages surnaturels sont au centre d’un récit qui les oppose aux hommes. Le quatrième groupe se compose de contes qui se déroulent entièrement dans le monde des humains, sans animaux ni monstres. Il contient notamment des récits où la sexualité la plus crue tient une place centrale.

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ECAS 2015 – European Conference on African Studies Paris, 8-10 July 2015

ECAS 2015 – Conférence européenne des études africaines
Paris, 8-10 juillet 2015
ECAS-6 aura pour thème principal : Mobilisations collectives en Afrique : contestations, résistances et révoltes. Mais cette thématique n’est pas exclusive, le comité scientifique considérera également des propositions de panels sur d’autres domaines émergents et/ou plus classiques. Le site d’ECAS 2015 http://www.ecas2015.fr/fr est désormais ouvert. Vous pouvez dès maintenant vous inscrire et soumettre un panel et ce jusqu’au 23 juillet 2014. L’équipe d’ECAS 2015 se réjouit de vous accueillir bientôt à Paris.
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The principal theme of ECAS 6 is Collective Mobilisations in Africa: Contestation, Resistance, Revolt. This theme, however, is not exclusive. The scientific committee will also consider panel proposals on other themes, associated with emergent and more classical fields of study alike.  The website of ECAS 2015 http://www.ecas2015.fr is now open. You can register and propose a panel from now on until July 23rd 2014. The ECAS 2015 team looks forward to welcoming you in Paris.

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Hausa Translation of Méga-Tchad Communiqué Condemning Boko Haram

Bayani ga Yan Jaridu

Haɗakar rassan bincike ta ‘Mega-Tchad’ [www.megatchad.net] wata babbar mahaɗa ce ta manyan malamai daga ƙasashen duniya dabam-dabam da masana da masu bincike akan ɓangarorin rayuwar al’ummar da ke zaune a zagayen tafkin Chadi. An kafa wannan haɗaka shekaru 30 da suka gabata, kuma a halin yanzu tana da membobi kimanin 500.

Shugabannin wannan haɗakar suna Allah wadai da irin ayyukan ta’addancin da ’yan ƙungiyar Boko Haram ke gudanarwa tun ba a yankin Borno ba, wanda ya yi sanadiyyar tarwatsa matsugunai da hallakar mutane da dama tare da hasarar dukiyoyi, da kuma danne hakkin jama’ar yankin. Manufar waɗannan miyagun mutane, ’yan Boko Haram, shi ne amfani da addini domin cimma manufofin siyasa ta hanyar rusa tsarin doka da oda domin samun damar ci gaba da gudanar da munanan ayyukansu na ta’addanci a yankin arewa maso gabashin Najeriya.

Ayyukan ta’addanci da wannan ƙungiya ta Boko Haram ke aiwatarwa na bazuwa zuwa maƙwabtan ƙasashe kamar su Kamaru, Chadi da kuma Jamhuriyar Nijar. Ganin kuma damina na ƙaratowa, ana fargabar cewa wannan hargitsi na Boko Haram zai hana gudanar da ayyukan noma kamar yadda aka saba. Hakan kan iya jefa ɗaukacin yankin cikin matsananciyar yunwa. A yanzu haka dubban yara a yankin na zaune a gida babu zuwa makaranta, jami’o’in da ke cikin yankin ba sa iya gudanar da ayyukansu a cikin kwanciyar hankali, kazalika ayyukan masu nazarce-nazarce daga sassan duniya akan ci-gaban yankin sun tsaya. Haka kuma mata ba su da ikon fita waje saboda tsoron faɗa wa hannun ’yan ta’adda. Ɗaruruwan iyaye na cike da baƙin ciki da alhinin halin da ’ya’yansu mata ke ciki waɗanda ’yan ta’adda suka sace.

Akan haka, kwamitin ƙoli na Mega-Tchad na kira da babbar murya ga hukumomin addinin musulunci da su la’anci wannan mummunar aƙida wacce ta saɓa wa koyarwar addinin, la’anta mai tsanani. Haka kuma, kwamitin na roƙon mahukunta da su tashi tsaye wurin yaƙi da wannan ɗabi’ar ta’addanci, wadda ke faruwa a tsakanin iyakokin ƙasashen da ke cikin yankin tafkin Chadi, domin dawo da zaman lafiya da kwanciyar hankali a ɗaukacinyankin.

[Hausa translation prepared under the direction of Professor Paul Newman and Dr. Roxana Newman] pnxxpn@indiana.edu  /  rmnewman@indiana.edu         (3 June 2014)

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Communiqué du réseau Méga-Tchad sur Boko Haram – A Mega‐Chad network statement on Boko Haram

16 May 2014 – Communiqué de presse

Le Réseau pluridisciplinaire de Méga‐Tchad [www.megatchad.net] qui fête cette année ses trente ans d’existence, compte de par le monde près de 500 correspondants, universitaires et chercheurs. Il consacre ses activités de recherche et d’analyse à tout ce qui constitue la vie de l’Homme dans un large périmètre autour du lac Tchad.

A ce titre, il condamne les exactions croissantes commises dans la région par le groupe terroriste de Boko Haram qui a déjà détruit de nombreux villages et des centaines de vies humaines, et qui bafoue en permanence les droits de l’homme les plus élémentaires. Sous couvert de revendications politico‐religieuses, son objectif est d’établir une situation de non‐droit dans le nord‐est du Nigeria pour continuer à y mener ses activités criminelles.

L’insécurité qu’il fait régner dans la région diffuse bien au‐delà des frontières du Nigeria et s’infiltre tant au Cameroun et au Niger qu’au Tchad voisins. La saison des pluies commençant, les activités agricoles sont compromises dans une large partie du Borno nigérian et à la situation de terreur qui règne actuellement s’ajoutera bientôt le spectre de la faim. Des milliers d’enfants ne peuvent plus aller à l’école. Les universités sont paralysées, ainsi que la recherche. Les femmes ne peuvent plus se déplacer normalement pour vaquer à leurs activités quotidiennes. Des centaines de familles tremblent en pensant au sort de leurs jeunes filles retenues en otage.

Le bureau permanent de Méga‐Tchad demande instamment à toutes les autorités islamiques responsables de condamner avec la plus grande fermeté l’usurpation de la qualité islamique par ce groupe criminel.

Il demande à toutes les autorités de la région de s’engager clairement et sans la moindre compromission dans la lutte contre cette criminalité transfrontalière pour restaurer la paix.

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Press Release

The multidisciplinary Mega‐Chad research network [www.megatchad.net], which celebrates thirty years of its existence this year, has nearly 500 subscribers, university staff and researchers. It is dedicated to research and analysis of all aspects of human life in a large area around Lake Chad.

We cannot but condemn the harsh actions committed in the region by the terrorist group Boko Haram, which has destroyed numerous villages and extinguished the lives of hundreds of people, permanently trespassing on their basic human rights. Under the banner of political and religious goals, its objective is to create a situation of anarchy in Northeast Nigeria and thereby carry out and continue its criminal activities.

The insecurity for which it is responsible in the region spreads beyond the borders of Nigeria into Cameroun, Chad and Niger. As the rainy season gets under way, farming activities will become impossible in much of Borno in Nigeria and this reign of terror may thus induce famine. Thousands of children cannot go to school. The universities are paralysed and so correspondingly is research. Women cannot move about to carry out their daily activities. Hundreds of families tremble as they think about their young daughters as hostages.

The permanent committee of Mega‐Chad asks all official Islamic bodies to condemn to the fullest extent the distortion of Islamic ideas by this criminal group.

It requests all the authorities in the region to engage clearly and without reservations in the struggle against cross‐border crime, in order to bring back peace.

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Mountain farmers of Gwoza hills wiped out by Boko Haram (mandaras.info)

Since 2013 attacks by Boko Haram insurgents on communities in the Gwoza hills of NE Nigeria, along the border with Cameroon, began to intensify. This led, within only little more than a year, to an almost total destruction and abandonment of existing settlements, beginning with the burning of churches and ending with killings and the burning of many houses. Most affected are the villages in the Dghwede area and, more recently, also that of Ngoshe Sama, in Gvoko, to the immediate south of Dghwede.

List of major Boko Haram attacks in and around the Gwoza hills area (with links to media reports)

 

 

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